Conférence MHT : 9 octobre 2020

Conférence MHT : 9 octobre 2020

A quoi ressembleront les navires du futur ?

Le transport maritime fait aujourd’hui face à un enjeu majeur : celui de la décarbonation du navire, avec comme objectif fixé par l’OMI la réduction d’au moins 50% des émissions de carbone à l’horizon 2050. C’est dans ce contexte écologique et économique qu’a eu lieu ce vendredi 9 octobre, à la Maison des Hommes et des Techniques (Nantes), une table ronde autour du navire du futur. Étaient présents Nils Joyeux (Zéphyr et Borée) ainsi que Jean Zanuttini (NEOLINE), anciens Officiers de la Marine Marchande, aujourd’hui entrepreneurs et armateurs de navires responsables et décarbonés usant notamment de la propulsion vélique. L’un et l’autre connaissent très bien la Maison de la Mer.

Animée par Bertrand Alessandrini (Ecole Centrale de Nantes), la rencontre s’est donc orientée sur les solutions techniques innovantes qui répondent à ces enjeux écologiques, avec comme figure de proue l’énergie éolienne, s’imposant actuellement comme la meilleure source d’énergie verte capable de remplacer les énergies fossiles au long cours. En effet, des solutions telles que la propulsion électrique, à hydrogène ou photovoltaïque présentent beaucoup trop de contraintes de stockage, de logistique, de coût et d’installation et ne semblent applicables qu’au sein de petits bateaux, pour de la navigation fluviale ou portuaire par exemple, alors que la propulsion par le vent se profile comme un incontournable pour se rapprocher du zéro émission des navires de par son efficacité et sa facilité de déploiement, comme ont su le prouver avec brio « Zéphyr et Borée » et « NEOLINE ».

Plus que le navire du futur en lui-même, la discussion nous a également mené à nous interroger sur les changements majeurs que le marché allait devoir connaître dans ce contexte de décarbonation : poursuivre les activités maritimes avec la même intensité qu’aujourd’hui n’est pas compatible avec les objectifs de zéro émission prévus pour 2050. Faut-il alors se tourner vers une sobriété de la décroissance, se séparer de l’actuelle logique du hub, imposant des vitesses de navigation élevées, afin de favoriser un transport de point à point, réalisé par des navires plus petits et plus lents ? Comment faire évoluer les énergies vertes quand elles présentent un grand problème de compétitivité sur le marché ? Doit-on s’attendre à un éveil mondial des consciences pour accélérer ces processus ?

Tant de questions et de débats intéressants auxquels ont répondu nos armateurs ce vendredi, forts de leurs expériences et de leurs recherches qui ont su les mener là où ils en sont aujourd’hui. Rappelons que « Zéphyr et Borée » a remporté, il y a tout juste un an, l’appel d’offre destiné au transport du lanceur d’Ariane 6 à bord du futur cargo à voile « des temps modernes », tandis que « NEOLINE » a conclu l’été dernier un contrat de transport transatlantique avec notamment les Groupes Renault, Manitou et Bénéteau, grâce à des cargo-voiliers innovants spécialisés dans les marchandises roulantes et hors-gabarit.

Julien Perottino, Grand Mât in being de Nantes, Student Port et adhérent HYDROS.

Photo (de gauche à droite) : Julien Perottino, Nils Joyeux et Jean Zanuttini

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